Tête-à-tête

Mes plaisirs coupables de la Saint Valentin

J’ai appris la signification du mot « don » vers l’âge de six ans, le jour où Frau Petra, ma prof de danse classique, roucoula à l’oreille du pianiste qui bégayait ses accords de deux doigts dépressifs : « Cette petite Nicole, elle a vraiment un don… »

 

Nicole était blonde, fluette et légère, et elle dansait avec la grâce d’une feuille dans le vent d’avril. J’étais raide comme un Playmobil, et je voulais un don, moi aussi. Après le cours de danse, j’ai donc demandé à ma mère ce que c’était, par prudence (si ça se trouve, ça avait le goût des choux de Bruxelles, et j’allais devoir le terminer puisque je l’avais réclamé). « Un don, c’est quand quelqu’un est vraiment très doué pour faire quelque chose », avait répondu ma mère, tandis que son regard dubitâtait mon tutu mal ajusté, qui contenait à grand-peine mes gestes maladroits.

 

OK : j’en voulais un.

 

Hélas, l’expérience a montré que je n’étais pas plus douée en piano, en chant, en escrime ou en dessin qu’en entrechats, et j’ai commencé à désespérer : où se cachait-il, ce con de don ? Pourvu que je n’attrape pas un don pourri, pour le tricot par exemple, ou pour le rangement…

 

Il s’est avéré que j’étais doué en eye-liner, en vinaigrette, et en amour.

 

Depuis vingt ans, je suis deux : j’ai passé près des deux tiers de mon existence en couple, avec plusieurs hommes dans l’ensemble formidables, que j’ai aimés différemment mais à chaque fois, le coeur et l’esprit grands ouverts. J’ai de bons rapports avec mes ex, je ne souhaite à aucun de finir pendu avec les tripes de sa mère, et Monsieur Schmidt est enfin la preuve que, sans me vanter, je suis un peu la Leonard de Vinci de l’amour.

 

Puisque c’est aujourd’hui la Saint Valentin, que vous êtes nombreuses à me réclamer davantage de posts personnels, et qu’enfin, je suis mon sujet de discussion favori, voici mon auto-interview Plaisirs Coupables… spécial love. Enjoyez, les deux qui n’ont pas encore zappé sur la chaîne Youtube d’une blogueuse macramé !

 

Degré de coucouplitude, sur une échelle de 0 à 10

2,3. Très sincèrement, on n’est pas super coucouple : on n’a pas les mêmes goûts, ni les mêmes loisirs, je ne parle pas de moi en disant « nous », je ne lui essuie jamais le menton au resto en faisant « tsss tsss », on ne finit pas les phrases l’un de l’autre en nous roulant des pelles avec les pupilles, et on ne se pelote en public qu’en cas d’extrême urgence. Mais Monsieur Schmidt adore vanter mes prétendues qualités en public, et j’ai une tête de smiley quand je parle de lui à mes copines. Et on fête notre anniversaire de rencontre, qui tombe trois jours avant la St Valentin.

 

C’est pas très glamour, mais on adore…

Mater la télé-réalité en jogging, enroulés l’un autour de l’autre. Regarder le replay de Koh Lanta ou de Top Chef le dimanche soir, avec une gueule de bois, des grosses chaussettes et son amoureux est un plaisir de fin gourmet.

 

Mariel_Clayton_-_Peace_small(c) Mariel Clayton

 

Les surnoms insupportables que l’on se donne

L’unisexe « Amour » au civil, « mon chat » versus « princesse » dans l’intimité : y a pire.

 

Notre romcom de chevet

Les comédies conjugales de Judd Apatow : on a tous les deux un humour trashcore, donc on est plus « Sans Sarah, rien ne va » ou « 40 ans mode d’emploi » que « Raisons et Sentiments. » On attend donc avec impatience la nouvelle série Netflix réalisée par Apatow : « Love. »

Notre chanson guimauve

« Windmills of your mind », la version de Sting des « Moulins de mon coeur » de Michel Legrand. Cheesy +++.

 

Mon roman cuculte

Bizarrement, j’ai un goût impeccable en matière de littérature : je n’ai aucun Fifty Shades of Grey ou Guillaume Musso à confesser, à peine un Bridget Jones – en VO donc ça compte moitié moins… La littérature pop me colle de l’eczéma au cerveau, donc j’ai honte, mais je ne lis que de la littérature de bon goût. Parmi mes romans d’amour favoris, il y a « Alabama Song » de Gilles Leroy, qui retrace la relation passionnelle entre Scott et Zelda Fitzgerald, et la tétralogie que Jean-Philippe Toussaint consacre à sa femme, Marie : « Faire l’amour », « Fuir », « La vérité sur Marie » et « Nue », le dernier volet, que je n’ai pas encore lu.

 

Mon fashion faux-pas favori qu’il déteste

Les grenouillères pour adulte, genre OnePiece : j’adore ça, j’en ai une collection. Mais je lui épargne ma combi en polaire avec des oreilles de souris sur la capuche.

 

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Un fashion faux pas plutôt sexy chez lui

Quand je l’ai rencontré, Monsieur Schmidt portait des pantalons trop courts dont les ourlets semblaient avoir été faits avec une agrafeuse et des t-shirts imprimés vert gastro. Et pourtant, dès que je l’ai vu, Barry White a commencé à chanter sous mon crâne, donc…

 

Notre recette de l’amour qu’on ne trouve jamais dans les magazines féminins

Soyez des obsédés de la bouffe : allez au marché, cuisinez et dînez ensemble. Les plaisirs de la (bonne) chair, y a que ça qui vaille dans un couple.

 

Le cadeau de la St Val’ que je lui offre

Des fringues : c’est moi qui l’habille, pour les raisons évoquées plus haut. Et un caleçon Undiz : j’adore que son cul me fasse marrer.

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Le cadeau que j’espère recevoir

N’importe quoi de chez Hod.

 

Le cadeau que je vais recevoir

Des dessous de professionnelle, alors que je ne porte que des culottes Petit Bateau (ce qui doit être lié, maintenant que j’y pense…)

 

Bonne fête de l’amour, avec ou sans Valentin !

Love

F.

 

3 adresses très romantiques

Pour dîner. Monsieur Schmidt sommes tous les deux estomac-centrés, mais nous n’avons pas du tout les mêmes goûts en matière de cuisine. Je suis très bouffe de bobo, cuisine du monde et desserts, il est branché plats de bûcheron et assiettes de charcute. Le Grand Coeur (ça s’invente pas…) est un bon compromis néo-bistrot chic, dans la très jolie cour du centre de danse du Marais. L’adresse idéale en été, quand on peut flâner dehors, loin de la rumeur de Paris. 41 rue du Temple, Paris 4ème (01 58 28 18 90)

 

Pour se compter fleurette. Le jardin d’hiver de l’Hôtel Particulier Montmartre, installé sous une belle verrière en fer forgé. Les banquettes en velours rouge, la végétation luxuriante, la quiétude du lieu, la carte des cocktails… donnent assez envie de prendre une chambre pour, disons, continuer de débattre en privé. 23 Avenue Junot, Paris 18 (01 53 41 81 40)

 

Pour s’en faire offrir (des fleurettes). L’artisan fleuriste, dans le Marais. J’adore les bouquets très naturels, à l’esprit champêtre, surtout pas trop chichiteux : ici, je suis toujours comblée, sans être ruinée, ce qui me permet de m’offrir ou de me faire offrir des fleurs souvent. 95 rue Vieille-du-Temple, Paris 4 (01 42 78 40 40).

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16 A votre avis ?

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  1. diva - Il y a 10 mois

    Je reviens sur ton blog avec un petit like sur facebook pour mieux le suivre ^^ A l’approche de St Val je suis à ton côté pour ta recette d’amour (et de la vie, d’ailleurs…) : LA BOUFFE ! C’est vrai que les magazines féminins ce conseil n’a jamais été évoqué. Je pense que peut-être car cela donne une impression d’être « grosse » pour les meufs, et vue dans notre société, être grosse et être une « catastrophé artificielle » :/
    Mais je suis sûre que je serais jamais la seule qui y est accord pour ce conseil à la gourmandise !

    Un petit aspect que je veux te dire (pour te faire plaisir et montrer mon amour avant le 14 fèvrier), je ne suis pas du tout française et c’est loin d’être ma langue maternelle, mais en lisant ton blog, j’ai de l’impression que j’apprends plein de choses par rapport à ton sujet, la façon dont tu écris (en même temps travailler dans un magazine est un métier qui me fait rêver…) y compris au niveau grammaticale ^^ » Merci beaucoup dis-donc (ça y’est, t’as une fan girl !) <3

  2. bibiche - Il y a 2 années

    bon sang quel billet … comme toujours, je me délecte … et ce don pour raconter en écrivant ? ca compte pas ?

  3. Pinkplasticupcake - Il y a 2 années

    Je peux pas m’empêcher d’esquisser un sourire béat à la vue du commentaire de ta Mamoune, le don de coquillettes j’adore, ça m’a fait penser à Kaamelott et aux vœux… J’adore!

    • admin - Il y a 2 années

      @Pinkplasticupcake : trop chou, hein ? Connais pas cet épisode de Kaamelott (je nécessite d’ailleurs l’intégrale, si quelqu’un lit ce commentaire…), mais le don de coquillettes auquel maman fait référence, c’était (c’est) ma propension à faire des conneries : enfant, il suffisait que je voie une bouteille pour me coincer le doigt dedans, un rasoir pour me ratiboiser les sourcils, un feutre Veleda pour me maquiller les paupières, le petit voisin pour l’enfermer à la cave puis perdre la clé… Il paraît qu’on ne pouvait pas me laisser seule cinq minutes sans que je fasse une « coquillette » – une bêtise, donc 😉 « Ca n’a pas beaucoup changé ! », s’exclame Monsieur Schmidt de derrière son iPad.

  4. mamou - Il y a 2 années

    Il est vrai que petite tu avais le don certain de « coquillettes » – nous nous comprenons – et de faire sourire tous ceux qui prenaient le temps de te regarder. Tu avais aussi le don de te mettre dans des situations les plus imprévues, par exemple les fesses bien coincées derrière le congélateur ou décorer ma cuisine de traces psychostimulantes de chocolat en voulant faire un gâteau… déjà ton goût de partager tes talents culinaires 😉

    Tu n’as guère changé ma fille chérie mais tu as ajouté au cours des ans le don de générosité de cœur et le don d’apporter beaucoup de bonheur à ceux qui t’aiment. Alors pour moi tu es à chaque fois que je suis avec toi my Valentine’s Day. XXX

    • admin - Il y a 2 années

      XXXLOVE @Mamou <3<3<3

  5. merrygoroundgirl - Il y a 2 années

    Sérieusement c’est toi qui me fait rêver avec votre amour pas cucul pour un sou. J’aime beaucoup ta vision de la nourriture, je crois que ce sont les premières questions que je pose pour voir si une quelconque relation est possible ahah, hyper glamour je dois l’avouer.
    J’espère que tu as passé une bonne Saint Valentin!

    Bises,
    Céline.

    • admin - Il y a 2 années

      @Merrygoroundgirl : oh, que tu es mignonne ! Ton commentaire me touche beaucoup… Tu as bien raison de te méfier d’un Monsieur qui n’aime pas manger : en général, ce ne sont pas les plus rigolos, ni au resto ni au dodo. <3

  6. Pinkplasticupcake - Il y a 2 années

    J’adore tellement cet article que j’ai même pas envie de le commenter, c’est dire!
    Le passage sur les dons j’adore, tu as raison il faut t’y mettre à l’autocentrage!

    Pour la petite anecdote j’ai un JP Toussaint qui décore ma bibli, La Vérité Sur Marie, que je me suis offert avec un livre au titre et à la couverture beaucoup plus évocateurs: Irrésistible (je te laisse le temps de digérer la subtilité…), du coup je pense y jeter un œil!

    Bonne Saint Valentin à toi <3

    • admin - Il y a 2 années

      @Pinkplasticupcake : tu verras, Toussaint est encore meilleur à la lecture qu’à la déco 😉 Bonne St Val’ <3

  7. Jeunevieillispas - Il y a 2 années

    « Pendu avec les tripes de sa mère »… Tu es mon maître!

    • admin - Il y a 2 années

      @jeunevieillispas : révérence modeste 😉

  8. Claire - Il y a 2 années

    HaHaHa j’ai un OnePiece et c’est mon mec qui ma l’a offert… je ne sais pas, il est plutôt lingerie sexy d’habitude mais l’idée que je suis nue dessous l’émoustille 😉
    (et pis, c’est bien chaud, et doux, bref, j’aime bien)

    • admin - Il y a 2 années

      @Claire : en vrai, Monsieur Schmidt ne hait pas le OnePiece, rapport à la fermeture éclair (private joke grivoise) C’est mes combis animaux qui le font flipper : je les réserve donc à mes journées de boulot, puisque je bosse chez moi 😉

  9. PoireauOrange - Il y a 2 années

    Joyeuse St Valentin !
    J’adore ces plaisirs coupables et suis ravie de voir que je ne suis pas seule à penser que la nourriture joue un rôle crucial dans un couple, qu’importe les kilos pourvu qu’il y ait la libido (euh.. j’en ai peut-être trop dit) !
    Je crains ne pas pouvoir dire que je n’ai jamais lu de livres pourris, mais j’en ai lu des très bons aussi, par contre je n’ai jamais lu la trilogie de la honte (50 trucs de gris machin chouette truc muche), mais j’ai avalé des Musso par dizaine au bord de la piscine, un été que je m’ennuyais.. comme on dit.
    A la maison, on ne fête pas la St Valentin (parce qu’on n’a pas de thunes ahahahahah [captez un peu le rire jaune]) et qu’en plus je suis chez ma mère et que le seul unique amour de ma vie est ma chatte (c’est étrange, on dira chat au féminin).

    Des bisous et une overdose de chocolat !

    • admin - Il y a 2 années

      @Poireaute : « Qu’importe les kilos pourvu qu’il y ait la libido » : je m’incline. Rechpect, ch’est exactement cha, applaudit-elle, la bouche pleine. De brownie. (Dis donc, faudra voir à redevenir un peu chic sur ce blog, on se croirait chez Bigard, là !)

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