Des hauts et débats

Alerte info : la solitude peut être un choix, et même, un plaisir

C’est fou, toutes les choses bien plus agréables à faire seule plutôt qu’à deux ou plus… J’en faisais justement la liste non exhaustive ce week-end, que j’ai passé en tête-à-tête-à-tête-à-tête-à-tête avec moi-même*.

 

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Lire. Il y a des gens qui aiment lire à deux, l’un par-dessus l’épaule de l’autre, ou l’un à voix haute pour l’autre. Personnellement, je déteste ça, j’ai l’impression de faire pipi la porte ouverte. Je déteste lire à quatre yeux, et je déteste lire des pages déjà lues par d’autres : lire le Parisien commun au café : brrrrrr…Contrairement aux hommes, que je préfère d’occasion, patinés par l’usage que d’autres femmes en ont eu avant moi, j’aime les livres et les journaux neufs, et j’aime en avoir un usage exclusif (des hommes aussi, remarque).

 

Prendre un bain. Les magazines féminins qui affirment que le fait de prendre un bain avec un homme est le summum de l’érotisme n’ont manifestement jamais partagé une baignoire parisienne avec Monsieur Schmidt, 90 kilos de muscles et d’intelligence, sauf en ce qui concerne le maniement du pommeau de douche. Ou alors, j’ai jamais lu les tout petits caractères en bas de l’article, là où on explique comment avoir envie de baiser dans une salle de bain qui ressemble à l’Aquaboulevard un samedi soir.

 

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Lécher les vitrines (de l’intérieur). Je fais partie de cette majorité de Françaises à préférer faire du shopping seule, parce que 1/ j’aime chercher l’aiguille dans la botte de foin pendant des heures, là où la plupart des gens préfèrent acheter la botte, et rentrer à temps pour les « Marseillais », 2/ les gens ont souvent des goûts de merde – « Amour, prends pas ce jean, on dirait Jacques Chirac qui sort de l’hosto, prends plutôt cette mini-jupe, elle irait super bien avec des grandes bottes à talons brillants ! », et 3/ mon découvert ne regarde que mon banquier et moi.

 

Manger une glace italienne, un burger, des spaghettis bolognaise ou des fruits de mer. Les plats les plus savoureux sont souvent ceux qui vous ruinent la glam’cred’, dit-elle, après avoir génocidé une famille de crabe à coups de mayonnaise samedi soir.

 

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Discuter avec le chat. Mais ça c’est parce que c’est mon chat : il est le seul à me comprendre vraiment, et en plus d’être beau et câlin, il est surdoué : le véto lui a fait sauter une classe.

 

Aller au cinéma. La communion anonyme dans une salle obscure qui sent le sucre, la poussière et le velours chaud… Les pop corn qui font du bruit entre les deux oreilles… Les petites vieilles qui finissent une conversation à côté… Les amoureux qui s’embrassent juste devant… Les dernières notes du générique puis les lumières qui se rallument sur une salle vide, à l’exception de cette personne aux yeux humides et vagues… Les films durent plus longtemps quand on va au cinéma seule, parce qu’ils continuent à l’intérieur de nous.

 

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Pleurer au cinéma. Plus jouissif encore que d’aller seule au cinéma : ouvrir les écluses de ses canaux lacrimaux dans le noir, au milieu d’inconnus, devant un film que le/la réalisateur/trice a écrit en pensant manifestement à vous. Pour cela, je vous conseille d’aller voir « Toni Erdmann » de Maren Ade, l’un des plus beaux films que j’ai vus cette année, et « Frantz », de François Ozon. « Victoria » de Justine Triet est pas mal non plus, dans un genre moins humide.

 

Fumer. Contrairement au verre de vin, souvent meilleur quand on le partage, la meilleure clope est souvent égoïste.

 

Se masturber. Ce vilain verbe… On dirait une fin-de-série de consonnes et voyelles balancé entre deux pages du Larousse à 18h56, par un lutin pressé : « Oh et puis merde, tant pis si ça évoque autant le plaisir qu’une essoreuse à salade, de toute façon, ça rend sourd, et j’ai pas envie de rater mon RER ! » Quoi qu’il en soit, les femmes prennent souvent davantage de plaisir solitaire quand elles sont effectivement seules, plutôt qu’en cuissardes et culotte fendue devant un car de CRS en chaleur. C’est fou, hein ?

 

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Ce week-end donc, pendant que Monsieur Schmidt et sa descendance étaient à Barcelone, je suis restée seule comme un rat. Je n’ai vu personne, je n’ai pas répondu au téléphone, j’ai suspendu toute activité sociale pendant 48 heures, par choix. Pire : par goût.

 

Jusqu’à l’âge de 20 ans, je préférais être accompagnée que seule. Peu importait que je le sois bien ou mal (accompagnée), l’essentiel était que je ne me retrouve surtout pas en tête à tête avec moi-même (poke, M). J’ai donc passé les vingt premières années de ma vie sous perfusion affective : je collectionnais les amis comme d’autres les Pokémon, je me remplissais de l’attention que l’on me portait, j’étais toujours dix, rarement moins de deux. Si les gens avaient été des graines, j’aurais eu en permanence une tronche de hamster satisfait. La solitude était alors pour moi une sorte de MST sociale, une maladie un peu honteuse contractée par les premiers de la classe et ceux qui n’arrivaient jamais à monter à la corde en cours de gym. Je m’immunisais contre cette solitude-là en riant aux blagues que je ne trouvais pas drôles, en sortant avec des garçons qui embrassaient comme des tiques, en portant les mêmes Timberland que tout le monde.

 

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Je confondais alors la solitude et l’exclusion, l’abondance sociale et la richesse intérieure, la solitude subie et la solitude choisie, que nos sociétés surconnectées ont de plus en plus tendance à confondre en un seul et même fléau. Aujourd’hui, en dépit ou sans doute, grâce à un entourage de grandes qualités, j’aime me couper du monde de temps en temps et rester seule avec moi-même (et le chat, mon alter ego). Lorsqu’elle est choisie, la solitude est un luxe, un plaisir de fin gourmet, au même titre que les huîtres, le vin rouge et le foie gras : un plaisir d’adulte, peut-être, que l’on apprécie dès lors que l’on cohabite pacifiquement avec la personne qui nous observe dans le miroir tous les matins.

 

Je vous laisse méditer là-dessus, je vais regarder le replay de Koh Lanta avec Monsieur Schmidt – car Koh Lanta est clairement une activité sociale, pour le coup !

Du love, et de l’envie d’avoir vos impressions sur la question.

F.

 

* nan, je suis pas bègue à l’écrit, c’est juste que dans ma tête, on est 40. Du coup, même quand je suis seule, y a foule et faut pousser les meubles là-haut.

 

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(c) Margaret Durow

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23 A votre avis ?

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  1. Millie - Il y a 10 mois

    Magnifique article et sentiment complètement partagé. Mon fils m’a dit que sur ma tombe il allait faire graver « enfin seule » sachant que j’ai besoin de l’être mais que cela est quasi impossible avec un mec qui travaille à la maison. D’ailleurs pour moi, la solitude c’est d’abord chez moi qu’elle est appréciable; à l’étranger un peu moins. Quoi qu’il en soit, merci Fiona pour ce ton talent exceptionnel d’écriture sur tous les sujets, des voyages en Italie aux petites culottes, j’ai rarement lu des phrases qui définissent aussi bien notre époque.

    • Fiona - Il y a 10 mois

      Quel beau compliment chère @Millie, j’en suis toute émue… et infiniment touchée. « Enfin seule » sur ta tombe : pas maaaaal ! Sur la mienne, je pense à quelque chose comme « A tout à l’heure » (+ un smiley clin d’oeil ? Je me tâte…) Merci pour ce joli commentaire, c’est ce genre de feedback qui me donne envie de continuer d’écrire <3.

  2. JessB - Il y a 10 mois

    « Si les gens avaient été des graines, j’aurais eu en permanence une tronche de hamster satisfait. »

    Cette meuf est magique.

    Moi c’est tes phrases que j’avale comme des bonbons, Fiona, dans ce style que je ne trouve nulle part ailleurs et qui fait trop du bien 🙂 Bref is sont trop bien gaulés tes articles.

    (+1000 aussi pour les weekends pornfood-cocooning avec soi-même, tu m’as même donné super envie de tester le cinoche en solo!)

    • Fiona - Il y a 10 mois

      @JessB, ma Belge préf’ ex-aequo avec Mathilda !!! Tu es un amour et tu serais en face de moi, je t’embrasserais sur les deux joues. Va donc voir « Victoria » toute seule, pour voir… C’est parfait pour commencer le ciné en solo 😉

  3. JessB - Il y a 10 mois

    « Si les gens avaient été des graines, j’aurais eu en permanence une tronche de hamster satisfait. »

    Cette meuf est magique.

    Moi c’est tes phrases que j’avale comme des bonbons, Fiona, dans ce style que je ne trouve nulle part ailleurs et qui fait trop du bien 🙂 Bref is sont trop bien gaulés tes articles.

    (+1000 aussi pour les weekends pornfood-cocooning avec soi-même, tu m’as même donné super envie de tester le cinoche en solo.)

  4. merrygoroundgirl - Il y a 10 mois

    Enfin quelqu’un qui rétablit la vérité! Sérieusement cet article fait un bien fou, parce que la vie est un aléa entre vie sociale et solitude, et que parfois oui, la solitude c’est chouette. A l’ère des 2 millions d’amis sur facebook, des photos toujours plus remplies de stars, ben il faut se l’avouer, se retrouver seule avec soi-même ça épure le cerveau et ça fait du bien. C’est peut-être une sorte d’égoïsme mais se retrouver ça peut être chouette.

    Bises,
    Céline.

    • Fiona - Il y a 10 mois

      @merrygoroundgirl : je suis heureuse et quelque part, bêtement soulagée de partager ce besoin de solitude avec tant de gens qui, comme moi, ont 8000 amis sur Facebook, 7000 contacts dans son téléphone, de plus en plus de vrais amis géniaux, des collègues sympas, des obligations sociales, des voisins cools… ET ENVIE D’ETRE SEULS DE TEMPS EN TEMPS, MERCI BEAUCOUP. Bisous !

  5. Michaela - Il y a 10 mois

    MIAM!
    J’ai savouré et virtuellement survalidé tous les points de ta liste!
    Des fois, je rêve d’une solitude prescrite et remboursée par la SECU, tellement j’en ressent besoin – un peu inavouable dans la société portée par le « vivre ensemble » (ai’je dit, que j’ai des enfants?…et un mari).
    Bref, merci pour cette prose hautement jouissif!

    • Fiona - Il y a 10 mois

      @Michaela : Un mari ? Des enfants ??? Et la Sécu te rembourse pas le cinéma, ni le shopping chez H&M ?!?

  6. Mathilda - Il y a 10 mois

    Miséricorde!
    C’est fait, ma jalousie maladive d’éternelle insatisfaite vient de rejaillir en deux temps trois mouvements. Qu’est ce que je t’envie d’adopter le Me Myself and I. Qu’on s’entende, je me délecte du mode Moi Moi et seulement moi dès qu’il s’agit de mettre mes élucubrations et préoccupations existentielles au centre de l’attention générale. Mais dès qu’il s’agit de partager la seule compagnie de mes neurones et de mes fesses, j’angoisse. Pourtant, Dieu sait si mes neurones et mes fesses sont d’un intérêt flagrant (si pas Dieu, au moins Mamour).

    Même pour les activités en solitaire, j’ai besoin d’être au moins deux, ne serait-ce que pour relever la tête et voir autre chose que de l’être inanimé avec lequel je ne peux partager aucun point de vue crucial.
    Tout ça pour dire que même si ta promotion de l’exil est alléchante au premier abord, l’angoissée chronique que je suis est encore trop allergique à la solitude pour en jouir pleinement (puisqu’on parle de ça, le point sur la masturbation est le seul toléré ET recommandé), alors si jamais tu as des conseils pour pouvoir voir le positif en chaque activité solo comme tu le fais, n’hésite pas à m’en faire profiter, Mamour alias SOS URGENCE SOLITUDE t’en sera reconnaissant.

    • Fiona - Il y a 10 mois

      @Mathilda : ma petite belge préf’, ex-aequo avec Jess !!! Merci d’avoir été la SEULE, bande de faux-culs, à parler de cucul, justement 😉 C’est pas grave de ne pas aimer être seule, va ! Je connais plein de gens géniaux qui ont les mêmes symptômes, parmi lesquels Monsieur Schmidt. Cet amour ne supporte pas de s’entendre penser, mais de temps en temps, j’arrive à m’extraire de ses bras au cric, je lui laisse la radio, un t-shirt et sa DS, et je me casse discrètement pour profiter de moi-même. Mamour n’a qu’à faire pareil. <3

  7. Audrey - Il y a 10 mois

    Merci pour ton article très pertinent Fiona ! Tellement d’accord avec toi pour dire que la société over connectée tente à diaboliser les moments de solitude (choisis!), comme si se couper du reste du monde 5 minutes, 1 heure ou plus c’était être pire qu’un yéti dans sa grotte. Je dirais même qu’au contraire, parfois aller seule au cinéma, au resto ou faire les boutiques, c’est se sentir libre et donc davantage disposée à échanger, aller à la rencontre de l’autre ou en tout cas être beaucoup plus réceptif. Et qu’est-ce-que c’est bon de pas toujours attendre les autres pour faire quelque chose ! J’ai passé mon premier week-end à l’étranger seule à Copenhague en juin dernier, je suis partie sur un coup de tête et je suis heureuse de l’avoir fait. Bon, je postais un photo Instagram toutes les heures mais fierté quand même 🙂

    • Fiona - Il y a 10 mois

      @Audrey : Bien sûr que fierté ! Bien sûr qu’Instagram toutes les heures ! La solitude, c’est pas l’hermitude au fond d’une cave sans wifi, surtout pas ! Comme toi je crois, j’adore être seule au milieu d’une foule, observer les gens, les écouter vivre, comme en fond d’écran. Ca me donne des envies de partage que je n’aurais sans doute pas si j’étais tout le temps deux ou plus. Et comme toi, je pense que c’est en prenant ce recul-là que l’on apprend la tolérance. Bref, merci pour ton commentaire qui fait du bien. PS : c’était comment Copenhague ? Je rêve d’y aller. Ou plutôt, d’y retourner : j’y avais été enfant, et les seuls souvenirs que j’en garde, c’est le McDo, parce que je n’y allais jamais (j’avais pris deux Happy Meals, du coup), et la petite sirène, que j’avais trouvé pourrie, toute petite, toute taguée, et pas du tout rousse comme la vraie.

  8. Solène - Il y a 10 mois

    Les grands esprit se rencontrent, j’ai justement écrit un papier sur le sujet par ici : https://lesavionsenpapier.com/2016/10/02/la-solitude-et-moi/

    Merci pour tes jolis mots et ta personnalité. C’est inspirant et ça fait du bien, putin.

    Solène.

    • Fiona - Il y a 10 mois

      @Solène : merci à toi d’avoir pris le temps de me faire ces jolis compliments qui me font un bien fou ! Continue d’écrire, ça aussi, c’est un plaisir solitaire auquel on devrait tous céder plus souvent.

  9. Véro - Il y a 10 mois

    Magnifique!! J’adore te lire. Tu transcendes mon mode de fonctionnement, c’est marrant. Je m’apprête à lâcher mes talons et mes tenues « habillées » pour vivre sur un voilier pendant 6 mois. J’aime le monde, mais la mer… Merci d’avance pour tes posts, ça me feras du bien aux escales,

    • Fiona - Il y a 10 mois

      Dis donc @Véro, tu serais pas un amour, des fois ?!? Quel plaisir égoïste, ce commentaire, quelle bouffée de bonheur ^^ Merci, et bon vent. Je rêve de me casser avec mon sac à dos pour un tour du monde en solitaire : enjoy pour moi !

  10. louise - Il y a 10 mois

    Merci pour ce bel article Fiona! Je pense tout pareil, je me retrouve à 200% dans ta vision de cette solitude choisie. J’ai d’ailleurs vu Victoria récemment, seule, sur un coup de tête, et j’ai ri et pleuré et ça m’a fait un bien fou… j’étais comme shootée en sortant de la séance tellement ce moment seule m’avait plu
    A la lecture de ton article, on se sent, ben finalement… moins seules justement (!) d’aimer ce luxe. On en a besoin de temps en temps pour se retrouver et se ressourcer et c’est important de ne pas se culpabiliser de savourer ce luxe qui sous-entend parfois un grand non à la pression sociale (selon laquelle on doit toujours dire oui à toutes les propositions d’amis/boulot/connaissances).
    Merci Fiona <3 love love love, coeur sur toi <3

    • Fiona - Il y a 10 mois

      @Louise : merci à toi pour cet adorable commentaire. Je me sens moins seule, moi aussi, derrière mon écran, à me demander si ce que j’ai envie de raconter intéresse quelqu’un, à part mon chat, cet amour… Plein de baisers, et de séances de ciné toute seule (va voir Frantz, va voir Frantz !!!)

  11. Claire - Il y a 10 mois

    ENTIEREMENT d’accord 😉 Les moments de solitude – de respiration même – sont essentiels à mon équilibre. Et je me retrouve sur les mêmes points que toi : lire, aller au ciné (choisir le film !!!), manger plein de trucs à l’ail, comater, faire du shopping (JA-MAIS accompagnée, fût-ce par une copine). Tiens, j’envie ton week-end là…

    • Fiona - Il y a 10 mois

      @Claire : c’était bieeeeeeeeeeen, de rester dans la salle de bains trois heures sans que l’ayatollah du timing qui me sert d’amoureux braille : « Bon, t’as bientôt fini ?!? », alors que j’ai encore la culotte sur les chevilles… En revanche, je suis pas trop ail. Ma bouffe égocentrique, c’est plus les fromages qui puent. Les goûts et les couleurs, hein…

  12. MissERichard - Il y a 10 mois

    Mais je suis d’accord avec tout.
    Tout tout.
    J’ai toujours été un brin solitaire mais néanmoins un peu dépendante à l’affection. En bref j’aime d’amour ma solitude choisie entre autre et surtout pour tout ce que tu décris et surtout parce que quand elle me saoule, je sais que je peux m’en aller ailleurs boire des mojitos en terrasse avec des gens au top.

    • Fiona - Il y a 10 mois

      @MissERichard : la solitude que tu peux rompre avec un mojito collégial, c’est la meilleure. L’équivalent de la detox que tu romps avec un ENORME carrot cake.

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