Chers amours, voici une semaine que j’ai quitté la région de Naples pour les Pouilles, dans le sud-est de l’Italie.

Imaginez les villages blancs alanguis parmi les oliviers qui tendent langoureusement leurs bras vers le soleil, la mer azur léchant le ventre des barques de pêcheurs, les maisons traditionnelles aux toits coniques qui se confondent avec les champs de pierres et de terre ocre, le Spritz à l’ombre des vieilles églises aux paupières fardées…
 
C’est ça, ouais.
 
Il pleut trois jours sur deux, y a pas un zeste de wifi à cent bornes à la ronde.
 
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« Pas grave, c’est l’occasion de déconnecter vraiment ! », ai-je d’abord positivé en caressant ma pile de bouquins avec l’optimisme du baigneur qui voit un aileron gris fonçant sur lui (« Oh, super : Nemo ! »)
 
NB : Pour celles qui l’ignoreraient encore, je précise qu’au civil, on peut faire démarrer une voiture avec mes nerfs, tellement j’ai du mal avec la détente.
 
Alors qu’en fait, c’est fou le nombre de choses qu’on peut faire dans la campagne italienne quand il pleut et que les ordinateurs, tablettes et iPhone sont aussi utiles qu’une capote à un oenuque ! Par exemple :
 
Lire : depuis lundi, j’ai lu trois livres (« De Marquette à Veracruz », de Jim Harrison : long ; « Un secret sans importance », d’Agnès Desarthe : parfait anticyclone spirituel  ; « Un larcin », de Saul Below : acidulé comme j’aime. Hier, j’ai attaqué “Price”, de Steve Tesich, dont “Karoo” est l’un de mes livres de chevet.)
S’engueuler – et en la matière, Monsieur Schmidt et moi ne boudons jamais notre plaisir, pas vrai face de mite de mon coeur ?
Faire la sieste, trois fois par jour.
 
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Faire les devoirs de vacances des enfants (j’ai filé cinq euros à la petite héritière de Monsieur Schmidt pour qu’elle me file les siens, les problèmes, les durs.)
Epouiller les enfants (ce qu’il y a de formidable avec un enfant, c’est qu’il vient toujours avec ses cachiers de vacances, ses consoles de jeux et ses poux, ce qui occupe deux bonnes journées, trois si on s’organise.)
Essayer tous ses vernis, et bien laisser sécher entre deux couches.
Aller au supermarché. J’ai déjà dit ici ma passion pour les supermarchés locaux : cette passion confine au culte lorsqu’il fait un temps à noyer un poisson rouge.
Déjeuner deux fois par jour, entre les trois petits déjs et l’apéro, qui commence à 16h.
Faire des cocktails avec l’eau de vie du Monsieur qui nous loue la maison.
Jouer aux cartes. J’avoue n’être pas très cartes en temps normal, je préfère jouer au Trivial Poursuit, au Petit Bac, au Time’s Up ou à « Dis camion » avec Monsieur Schmidt (c’est très efficace pour se désengueuler). Mais la famille de Monsieur Schmidt adore jouer aux cartes, aussi lancé-je tous mes neurones à l’assaut des règles incompréhensibles de la belotte, du poker et du wist (whiste ? ouiste ? Peu importe, de toute façon, je perds à chaque fois).
Cracher ses noyaux d’olives en visant les moustiques. Touché : +1 point, tué : +5 points.
Se faire des coiffures avec des bandanas.

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Ecrire ce post.
Se taper dix kilomètres de vélo sous la pluie avec un pneu dégonflé, l’ordinateur glissé sous le K-Way dans la ceinture du jean, et chercher tranquillement un point Wifi, les yeux roulant dans leurs orbites comme des hamsters sous EPO.
 
Si vous lisez ce post, c’est que j’ai gagné mon Koh Lanta.
 
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Et vous, vous faites quoi en ce moment ?
Je vous embrasse fort fort fort,