Des hauts et débats

Quel Alka-Seltzer pour soigner la gueule de bois électorale ?

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Hier, j’ai repoussé d’un jour le régime que j’aurais dû entamer il y a un an parce que les muffins au citron de la boulange étaient chauds, j’ai rêvé des bottes exposées dans une vitrine du musée du Quai Branly, j’ai lu les critiques des films et les robes des dames présenté(e)s à Cannes, j’ai coiffé le chat et collé des décalcomanies sur mes ongles de pieds, tandis que mon enfant par alliance m’expliquait très sérieusement qu’elle avait oublié mon cadeau chez sa mère, mais que ouf, c’est l’intention qui compte.

Pas toujours.

J’ai eu l’intention d’aller voter, mais j’ai été occupée à être courtoise.

Toute la journée, j’ai été courtoise avec la boulangère, dont j’entretiens la famille à raison de 5000 calories/jour, avec le chat, sujets aux noeuds, avec mes collègues de la presse écrite, à cause desquels je continue de génocider des arbres pour protéger l’espèce journalistique menacée d’extinction, avec mon enfant collatéral, que je n’ai pas fait dormir dehors jusqu’à ce qu’elle me glisse mon cadeau sous la port.

J’aurais dû pousser la courtoisie jusqu’aux urnes, et protéger ainsi mon quotidien du climat de suspicion et de haine dans lequel des citoyens à convictions lui ont enfoncé la gueule avec leur bulletin de vote. Hier soir, j’ai eu honte, non pas d’être Française, mais de ne pas l’avoir été assez pour aller voter. Alors que je vote depuis que j’ai 18 ans (hier : rangez ces doigts sur lesquels il est insolent de compter). Alors qu’étudiante journaliste, je ralentissais devant les sondeurs à échantillons de yaourts et mines lugubres de la rue de Rennes pour qu’ils me le demandent, mon avis : à l’époque, je distribuais mon avis comme si c’était un flyer pour une soirée mousse. Puis j’en ai fait mon métier. Je suis donneuse d’avis professionnelle, et je n’ai pas été voté hier car « les européennes, ce n’est pas si important. »

26% des voix pour le désormais premier parti de France.

La leçon laisse déjà un sale goût dans la tête.

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1 A votre avis ?

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  1. Une jeune presque un peu trop jeune - Il y a 3 années

    À la vue de ces résultats avoir été surpris est sans doute témoin d’une grande confiance en la population Française, malheureusement vous avez été trop optimiste… Quant-à moi, pauvre adolescente dotée d’une conscience politique anormalement développée pour mon (trop) jeune âge, j’ai juste été confortée dans l’idée qu’un jour il faudra songer à supporter la vie avec des fascistes et à résister à leurs idées rétrogrades, antisémites, racistes…

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