Des hauts et débats, WTFashion

La prison est-elle le nouveau Front Row ?

La résilience est toujours moins glamour que le scandale : à condition de rester barrée après la prison, Nabilla est donc susceptible de réviser l’orthographe de son statut d’e-conne. Après tout, Lindsay Lohan et Courtney Love, dont les analyses de sang pourraient être écrites par Stephen King, ont été taulardes avant d’être cultes.

Barbie caillera est bien plus chic à l’ombre que sur le plateau de Cyril Hanouna, à côté duquel il est vrai qu’un pot de départ à la retraite chez Rires&Chansons ressemble au Lac des Cygnes.

Mais surtout, depuis quelques mois, la prison est le nouveau Brooklyn : une manufacture de la hype, avec ses places to be, son carré VIP, ses créateurs, ses invités de la A-Liste, ses blogueurs stars, ses collabs, ses tops models…

 

L’année dernière, la Californie a inventé la prison version Spa, dont l’accès est réservé à quelque 58 privilégiés (sic) triés sur le volet : pour la peu modique somme de 155$ la nuit, soit le prix d’un hôtel trois étoiles dans la région, les délinquants snobs – et riches – peuvent faire leur détox de liberté en cellule individuelle tout confort, dans un bâtiment inauguré en 2002, avec serviettes changées tous les trois jours, savon et dentifrice gratuits, et salles communes équipées d’écrans plats.

 

En avril dernier, la créatrice anglaise Sue Bonham faisait défiler une collection 100% Made in Prison dans les locaux du tribunal londonien de Court Bailey. Sa collab’ avec les Petites mains de Fine Cell Work (littéralement « Couture derrière les barreaux ») a notamment fait l’objet d’un post sur le blog de l’association du même nom, dont le design n’a rien à envier à celui de Garance Doré.

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Models present creations by designer Sue Bonham, part of the first collection of her new company With Conviction Ltd at the Old Bailey courthouse in London Sue Bonham, automne-hiver 2014-2015

 

Si la mode vient aux prisonniers, l’art ne les oublie pas non plus : JR, l’un des artistes français les plus cotés du marché, a ainsi recouvert l’une des tours de Rikers Island – la prison de DSK, parmi d’autres illustres pensionnaires – de l’un de ses fameux regards panoramiques.

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Enfin, c’est en garde à vue que l’on recrute les stars des podiums : Jeremy Meeks, le braqueur dont la photo de police avait affolé les twittasses (et les autres) en juillet dernier, vient de signer un contrat de mannequin avec l’agence Blaze Modelz. A lui les podiums et l’égérisme de parfums, à condition qu’une New Face ne lui fasse pas d’ombre d’ici là (ombre ? prison ? Non ? OK). Car il ne se passe pas un mois sans que les réseaux sociaux ne s’enflamment pour DBG (délinquant beau gosse) : en septembre, Angela Coates, condamnée pour désordres sur la voie publique, suscite la (com)passion des internautes, qui se mobilisent pour payer sa caution via un site de crowdfunding. En octobre, le tueur en série Brésilien Tiago Henrique Gomes Da Silva avoue 39 meurtres (à 26 ans. Un surdoué du crime, sans doute) : « Ce n’est pas possible, il est trop beau ! », le défendent farouchement ses admiratrices virtuelles… avant de se pâmer pour Sean Kory,  la nouvelle it-caillera qui défraie la chronique depuis son arrestation le 4 novembre dernier à Santa Cruz, en Californie, pour avoir arraché le micro des mains d’un journaliste. A quand un concours Elite à Fleury-Mérogis ?

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Jeremy Meeks, le précurseur

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Tiago Henrique Gomes Da Rocha, le psychopathe

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Angela Coates, la caution paritaire

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Sean Kory, le jeune espoir

Votre casier judiciaire est toujours puceau ? La mode ne vous oublie pas, petits joueurs de la type ! Il est désormais facile de simuler la zonzon, grâce aux conseils du Vogue anglais, qui dès le printemps, recommandait d’adopter le look « bagnarde chic » des héroïnes de la série Orange is the new black…

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Nicole Richie, passée quelques heures par la case prison en 2007 pour conduite en état d’ivresse, doit être abonnée…

Mais le jailwear n’est pas sectaire : les fashionistos eux aussi peuvent jouer les caïds en Fleurs du bagne, une marque française créée par Mika Dumas, qui exploite l’univers carcéral du début du 20ème siècle avec des pièces inspirées des uniformes vintage de prisonniers. Sweatshirt « Jo le boxeur », t-shirt « Mauvaise tête mais bon coeur », « Guillotine sèche » ou « Mon fric aux Putains »… Fleurs de bagne, c’est la marque des mecs qui font pas semblant d’en avoir (des ronds : le pull « Martyr militaire » coûte quand même 219€. Mais j’imagine qu’on peut le voler ?).


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Monsieur et Madame Taulard pourront même empletter du design carcéral, comme par exemple ce lavabo à miroir embué intégré, le bien nommé « Pretty in prison mirror » créé par le studio canadien Everyday Design.

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Le parloir, bientôt le nouveau Costes ?

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