Noël est aussi cruel pour les célibataires que pour les dindes – à ceci près qu’on fout la paix aux dindes avec leur statut Facebook. Leur revanche a enfin sonné (aux célibataires). Cette année, à la question “Pourquoi t’es toujours pas baguée ?”, plutôt que de souffler sur les braises en répliquant : ” ‘Toute façon, les mecs c’est comme les chiottes : occupés ou dégueulasses “, les solos pourront désormais rétorquer : “C’est génétique”, soit l’équivalent rhétorique d’une porte battante en pleine gueule.

En effet, des scientifiques chinois de l’Université de Pékin viennent d’établir une corrélation entre le gêne 5-HTA1 et la difficulté à être en couple, due notamment à un taux de sérotonine moins élevé.
Très bien, et alors ?
Rien. En plus,moi,  je m’en fous, j’ai passé plus de la moitié de ma vie en couple (mon gêne 5-HTAN1 doit être surdoué), je disais ça pour toi, Lectrice qui as la chance de pouvoir regarder “Orange is the new black” de la crème à épiler sur les mollets, tandis que je suis obligée de dormir en talons de 12. N’est-il pas jouissif, en cette ère de la méritocratie, de l’effort et du dépassement de soi, de replonger une main non manucurée dans le paquet de chips, en disant : “Ch’est pas ma faute, ch’est génétique : talk to my parents” ?
 
(c) José Rodolfo Loaiza, Tony Kelly