Comme le goût pour les huîtres, la gueule de bois post-vacances (ou GBPS) survient au tournant de l’adolescence, et se manifeste généralement par une incapacité à reprendre le quotidien en marche.

 
La gueule de bois post-vacances présente tous les symptômes de la gueule de bois traditionnelle (ou GBT), moins la langue en gant de toilette et la Cheesy Crust au petit déj : on a l’entrain d’une palourde, l’envie d’enfoncer la tête dans le sable (ou dans le paquet de Curly), et l’impression de ramer à contre-courant avec un coton tige.
 
Mais hélas, il ne suffit pas de nager un crawl dans un grand verre d’Upsa pour faire passer la GBPV.
 
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Quand j’étais ado, j’étais impatiente de rentrer de vacances, notamment parce que je les passais au ski – que j’ai en horreur, comme chacun sait maintenant -, ou à inspecter chaque vieille pierre de chaque vieux château déglingué de l’arrière pays niçois sous le cagnard et la houlette de mes grands-parents passionnés d’archéologie. (Encore aujourd’hui, j’ai des tics nerveux devant le générique de Game of Thrones. Bref). La fin des vacances, c’était pour moi la promesse de retrouver mes potes, mes gloss Debby, ma Game Boy et mes minijupes ras l’hymen dont j’avais été privée pendant les vacances : la vraie vie, quoi !
 
Le problème avec la vraie vie, c’est qu’elle ne tient pas toujours les promesses de la saison 1 – un peu comme House of Cards. Passée la joie de frimer avec ses marques de bronzage et de boire un vin qui n’a pas un goût de Paic, sans crier gare, la vraie vie nous fait un croche-pied.
 
Soudain, les gens appellent la sécurité quand on leur sourit dans la rue sans prévenir .
La chambre a vue sur le parking.
La pluie ne ressemble pas à une pub Tahiti douche.
La mer est loin. Et froide. Et grise.
Le room service, c’est nous.
Nos potes parlent d’une actualité dont on s’est tenue éloignée pendant deux semaines, et on a l’impression d’être Bernadette Chirac devant un gode-ceinture.
Faut réserver le resto un mois avant d’avoir faim.
Les ananas du Monoprix coûtent un rein et en ont le goût.
Le bronzage se barre avec l’eau du bain, remplacé par des petits boutons sournois.
On a des fourches de cheveux.
De neurones aussi.
Donald Trump risque de succéder à Barack Obama.
Après deux semaines sans avoir envoyé le moindre mail, on a du mal à écrire une liste de courses (personnellement, j’ai même du mal à écrire un chèque).
Le réveil re-sonne.
Les ballerines Miu Miu que j’avais repérées sur le défilé sont sold out partout…
 
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… Enfin bref, c’est l’enfer.
 
La première qui me donne une vraie bonne raison de ne pas retourner demain au Sri Lanka pour ouvrir un food truck sur la plage gagne une boîte du meilleur thé de Ceylan, rapporté de mes brunes mains.
 
Je vous embrasse, n’empêche que groumph,
F.
 
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