RIP mes cheveux.

AGAIN. 

Car mes cheveux se suicident avec une régularité et une application de coucou suisse. Ils ont fait leur première Loana quand j’ai eu six ans, et mes premiers ciseaux qui coupaient pour de vrai. Un Game Of Thrones capillaire : pendant un an, j’ai eu une frange régulière comme un sourire de berger corse, qui partait de derrière l’oreille gauche pour finir dans une zone tribale du Nord-Est de mon crâne – même la boulangère se ravisait au moment de me tapoter le crâne.

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Puis je me suis coiffée comme Kelly Kapowski – c’est du moins ce que j’ai annoncé à ma grand-mère, avant qu’elle me demande : “C’est une race de chien ?”. A l’époque, je ne lésinais ni sur la frange bombée, ni sur le décollé-racines à la laque, qui me faisait deux petites paraboles de chaque côté du visage.
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Vers treize ans, j’ai rasé mes cheveux, et mes sourcils (j’avais les outils en main : autant pas gâcher) : j’ai dû attendre deux ans avant de danser mon premier slow dans une boom – la mienne, et sans doute parce que ma mère avait filé un bakchich à mon cavalier.
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Enfin, au crépuscule de mon adolescence, j’ai tanné mes parents H24 pendant deux semaines pour rentrer un jour plus tôt de vacances, car le coiffeur du coin m’avait proposé de participer à son défilé de coiffures (un défilé ! Comme Kate Moss ! Pourvu que je supporte le jet-lag Haguenau-New York !) Cet enfoiré m’a rasé la tête d’un côté, coloré l’autre côté en orange Gouda – “souris, mais souris !”, me disait l’Emile Louis du cheveu, alors que même moi, avec mon instinct de chaperon rouge au parc du Gévaudan, je sentais qu’il n’y avait pas de quoi.
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Je vous passe les autres tentatives de suicide de mes cheveux – il y en a eu tant ! – pour en venir à celle, remarquable, de mercredi dernier, qui m’aura toutefois appris quelques astuces faciles à retenir (enfin j’espère) :
 
– Quand ton coiffeur habituel n’est pas disponible le jour de l’anniversaire de ton Monsieur, va dîner avec tes fourches. Planque-les dans un chignon. Ou dans un décolleté au nombril.
– Si malgré tout, tu cherches un coiffeur avec la frénésie d’un Pete Doherty qui trouve pas sa veine, et qu’AUCUN n’est disponible TOUT DE SUITE, SAUF UN, il est encore temps d’aller checker ton épilation-maillot, plutôt.
– Car si le salon de ce coiffeur est vide, c’est qu’il y a une raison.
– Si tes cheveux sont têtus et entrent quand même, et que la coiffeuse te dit : “Oui oui, juste les pointes” en tendant la main vers le taille-haie, il est encore temps de te méfier.
– Si la coiffeuse commence par le devant, c’est trop tard, on t’avait prévenue.
– Mais c’est pas une raison pour lui obéir quand elle te demande de te retourner, dos au miroir.
– Si elle te dit : “Aies confiaaaaaaaaaanssssssse” avec les yeux de Kaa dans le Livre de la Jungle, c’est que c’est mort.
– Ton ego vient de décéder (RIP, ou plutôt : reRIP)
 
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J’exagère ?
Si seulement…
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Demain, nous me rassurerons en me disant que je peux faire une belle carrière dans un boy’s band…
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… ou dans un club de foot
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Naaaan, en vrai, demain, je vous montrerai ma Vanessa Paradis, et j’essaierai de me convaincre que c’est super, en fait.
Des bisous pour vous, du Lexomil pour moi.
F.