Combinaisons addict (je suis à la tête d’un cheptel de 18), j’ai rencontré la reine du genre, Carolina Ritzler, qui signe cette semaine une collection capsule pour Tati et ouvre un pop-up store à Paris.

 
Imaginez une Polly Pocket qui dégagerait tellement d’énergie qu’elle pourrait recharger une voiture électrique rien qu’en se remaquillant dans le rétroviseur.
 
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Carolina Ritzler, créatrice de la marque éponyme, c’est ça. Une tornade blonde au succès insolent et aux faux airs d’Alexandra Lamy, la trentaine rugissante, qui donne des surnoms à ses vêtements d’une spectaculaire simplicité : “Alors elle, c’est Carole, une avocate divorcée overbookée un peu salope, qui dézippe ses manches le soir quand elle cherche un mec.” Elle me présente une combinaison rouge, dont les manches trois-quart s’ouvrent au diapason de l’esprit de celle qui la porte. Carole est sublime, élégante, portable, évidente – comme si Carole avait toujours existé, alors qu’elle n’est pas encore officiellement née, puisqu’elle fait partie de la collection de l’hiver prochain.


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Casquette vissée sur la tête – “J’adore les chapeaux, j’en porte beaucoup, alors bon, j’en ai créés pour cet été” -, Carolina virevolte dans son showroom, glisse une main au creux des reins d’ “Isabelle Adjani dans “Subway” (une robe en cuir au style perfecto et manches chauve-souris), me présente “Stefanie Powers dans “Pour l’amour du risque”, avant de filer se changer pour revenir en “Melanie Griffith dans “Working Girl”, une robe-manteau à double boutonnage et manches courtes légèrement épaulées, avec un côté “secrétaire qui a fait tomber son crayon, tu trouves pas ?”.
 

Capture d’écran 2016-05-12 à 13.04.11Melanie Griffith : la robe
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Carolina Ritz(ler) est un son et lumières qui ne revient pas du succès qu’elle rencontre depuis qu’elle a créé sa marque, il y a deux ans seulement, “avec 1000€, c’est tout ce que j’avais, je ne voulais pas demander à mes parents ou à mon mari.” Ex-commerciale chez Petit Bateau, elle arrive au design sur l’assez tard, à 35 ans et après trois enfants. “Je n’avais pas de formation en modélisme, pas d’argent, pas de piston. Juste mon instinct, mes idées, et un énorme besoin de faire enfin ce que j’ai toujours eu envie de faire.” Des vêtements, donc, elle qui a tâté de la danse, du théâtre, du funk, et a toujours utilisé la mode pour exprimer ses humeurs et ses émotions : “Je n’en pouvais plus de refouler ma personnalité, d’être brune et sage et de faire le métier bien élevé que mes parents voulaient que je fasse. Il fallait que je crée ma marque. Je suis venue à la mode par besoin.”
 
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Lady Gaga est fan, Florence Foresti invente des sketchs autour de ses vêtements, et toutes en redemandent, célèbres ou anonymes – toutes cousines de Carole, Isabelle Adjani, Melanie Griffith et Stephanie Powers. Des femmes fortes, affranchies, qui enfilent plusieurs personnalités au fil de leur journée de working girl, de mère, d’amoureuse, d’amie… “Mes vêtements sont des rôles que chaque femme joue au cours d’une journée, reprend Carolina, sourire accroché derrière les oreilles. Ils sont forts, mais simples et confortables, ils donnent confiance en soi. A moi, ils m’ont permis de sortir du cadre et d’être enfin moi-même, et c’est cette assurance-là que je veux transmettre.”
 
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0023_90La combi 1990, le best-seller de la maison, décliné en vinyle et en python pour l’été 2016. M.O.U.R.R.A.N.C.E

 
D’où les combis, parce que Carolina aime les vêtements de travail, et “parce que ça envoie du lourd, une combinaison : il faut l’assumer. C’est un vêtement féministe. Mais même si elle annonce : “M’emmerde pas”, elle devient sensuelle si on retrousse ses manches et ses ourlets pour mettre en valeur les chevilles et les poignets. Et puis elle marque la taille. C’est important, la taille, les vêtements d’aujourd’hui la cache alors que c’est l’essence même de la féminité !” 
 
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En 2014, le mini volcan érupte donc d’une collection composée exclusivement de combinaisons. Le Bon Marché adore, achète, et le reste suit, très vite. Tout va très vite avec Carolina : les idées (elle a créé 120 modèles pour l’hiver prochain, “beaucoup trop, mais j’avais tellement d’envies !”), le succès, les projets (aujourd’hui, une collection capsule pour Tati, en magasins à partir du 15 mai, et un pop-up store dans le 1er arrondissement de Paris), le temps. Alors qu’elle devait me consacrer une demi-heure, voici deux heures que l’on discute, elle sera encore en retard à son prochain rendez-vous : “Je passe ma vie à faire attendre les gens, c’est insupportable, ça fait diva, mais les rendez-vous le nez sur la montre, je ne peux pas, c’est pas moi. Quand on se rencontre, on se rencontre vraiment, non ? Sinon, à quoi bon ?”
 
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Retrouvez les merveilles 100% made in Paris signées Carolina Ritz dans une quarantaine de points de vente en France, ainsi que sur lexception.com et precouture.com.
 
Et jusqu’au 28 mai, au pop-up store 10 rue d’Alger, Paris 1er, qui risque fort de devenir ma résidence secondaire…
 

BONUS : lisez l’interview Plaisirs Coupables de Carolina ici, et suivez-mouè sur Snapchat pour découvrir en avant-prem’s la collection Tati by Melle Agnès, dès 17h !

 
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