Cet après-midi, j’ai vu des ados attardés, des vieux précoces, un petit garçon qui hurlait “Cha-rlie !” spontanément, sur l’estrade que lui faisaient les épaules de son père. J’ai vu de vieux Algériens qui se sont battus pour la France, des religieux, Isabelle Huppert, des hipsters, des parigots, des bobos, des cathos, Jean d’Ormesson, des lycéens modèles, des lycéens paumés, des couples qui s’embrassaient…

J’ai lu des slogans inspirés, d’autres moins inspirés, des “Charlie” partout, comme pour ponctuer cette Marseillaise qu’on chantait bien fort, avec une fierté d’être Français, tous Français, même les touristes, que je n’avais pas ressentie depuis la finale du Mondial de foot en 1998.
C’était le bordel et c’était joyeux, c’était triste aussi, mais pas tant que ça finalement, car on avait tous sorti ces zygomatiques dont on ne se sert plus au quotidien, cette bienveillance dont on ignorait qu’elle fonctionnait encore, et une attention à l’autre, une politesse, une douceur enfin que de mémoire de Parisienne, je n’avais jamais vue.
Il aura fallu dix-sept morts pour que l’horizon dépasse notre nombril, et pour que la pièce tombe : vivre ensemble grâce à la République, pouvoir s’exprimer librement, et espérer en des lendemains qui chanteront un peu plus juste, c’est pas si mal… Quand on y réfléchit…
 
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Oui, c’est pas si mal, d’être Français. Bordéliques, exaltés, rigolards et libres. On a été plus de quatre millions  à marcher ensemble dimanche. Pourvu qu’on ne se rassoie pas trop vite.
 
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(c) Pierre Terdjman, Cheek Magazine