Le Birthday Effect est la version hardcore du Syndrome du Réveillon : un compte à rebours menaçant qui explose le jour J en un milliard de questions existentielles, métaphysiques, philosophiques et triviales – surtout triviales, passé minuit et trois coupes bouteilles de champagne. Feu d’artifice ou pétard mouillé ? A J-7 de mes trent… de mes trente-gnhgnh… demétrntcqans, je n’ai toujours pas tranché. 

 

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Les gens qui s’arrêteraient au premier des 689 étages que compte mon esprit vous diraient que je suis l’archétype de la Birthday Queen des comédies américaines. J’entoure trois fois la date sur le calendrier dès le 1er janvier, j’en parle dans les articles que je signe dans la presse, j’en parle sur ce blog, j’en parle à qui veut bien l’entendre dès la fin des vacances d’été – et à qui ne veut pas l’entendre, je note la date au marqueur sur son avant-bras pendant son sommeil (on t’a reconnu, Monsieur Schmidt !). Mais ce n’est pas tout ! Je tracte ma wish liste de cadeaux à mes proches de la petite Couronne dès le 1er septembre, à mes proches de la grande Couronne dès le 1er octobre, et à tout le quartier dès le 1er novembre. Le jour J, je suis lookée, épilée, maquillée, coiffée, manucurée de frais, je suis plus tunée qu’une Fiesta rabaissée.
 
ALORS QUE RIEN NE M’ANGOISSE DAVANTAGE QUE CE FOUTU 23 NOVEMBRE !
 
(C’est le 23 novembre, je vous l’ai dit ? Il n’existe d’ailleurs pas de journée mondiale de quelque chose ce jour-là, ce qui est assez vexant. J’aurais adoré être née le jour de la Journée Mondiale du Chat (le 8 août), de la Tolérance (le 16 novembre), ou de l’Orgasme (le 21 décembre). Heureusement, j’ai échappé à la Journée Mondiale des Soins Palliatifs (le 11 octobre), du Psoriasis (le 29 octobre), et de l’Herpès (le 20 novembre. Ouf, c’est pas passé loin)).
 
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Pourquoi ? Pourquoi est-ce que chaque année, je transpire du sang à la vue de la première feuille morte sur le trottoir ? Parce que Winter is coming, et avec lui, le D Day – comme décrépitude, déchéance, et déambulateur ? Parce que bientôt, les températures seront inférieures à mon âge, même en période de canicule ? Parce que c’est définitif, je ne pourrais jamais être danseuse étoile ou top modèle ? Naaaaaah… C’est bien connu, l’âge, c’est dans la tête, hein Siri ? “Siri, Siri, dis-moi qui est la plus jeune ?”
 
D’aucuns penseront que cette angoisse est le dommage collatéral d’un ego surdimensionné. D’autres y verront au contraire la preuve d’une confiance en soi invisible à l’oeil nu. La vérité est sans doute à mi-chemin, quelque part dans les carnets de notes de mon psy.
 
Je crois qu’elle n’est pas tant une question de temps qui passe ni du temps qui reste, mais du temps qu’il fait, là, maintenant, là, LÀÀÀ. Faut-il célébrer le jour J ou s’en foutre ? Après tout, ce n’est qu’un jour parmi les 365 et quart du calendrier… Oui, mais si c’était le meilleur jour de l’année, puisqu’on ne le partage avec personne, contrairement à Noël ou Halloween ? Pire, si c’était un jour métaphorique, quasi prophétique de l’année qui s’échauffe dans la chambre d’appel avant la prochaine course ? Comment célébrer ce jour de façon à mettre toutes les chances de son côté, en une version festive du pari pascalien ? Faut-il réunir tous les gens qu’on aime, d’un peu à passionnément, pour une orgie de 24h renouvelables, ou au contraire, organiser des Bacchanales plus intimes, genre à deux au coin du feu (ou du radiateur, dans mon cas) ? Faut-il disparaître mystérieusement le Jour J et reparaître le lendemain comme si de rien n’était, le teint, le foie et le moral dispos, et passer élégamment à autre chose ?
 
QUE FAUT-IL FAIRE POUR SIMPLEMENT PROFITER DU MOMENT PRÉSENT SANS SE POSER DE QUESTIONS, BORDEL DE MERDE ?!?
 
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Voici le calendrier de mes pensées pré-anniversaire. Dites-moi si vous êtes comme moi, ou si je suis bonne pour enfiler un pyjama blanc avec les manches nouées dans le dos.
 
23 août (j’avais prévenu…) : “Et si je repartais seule en voyage ? Ca fait longtemps, ça pourrait être cool, tiens !”
30 août : “Ouais, mais Monsieur Schmidt va faire la gueule, et puis j’aurais l’air con dans la jungle malaisienne, avec ma robe à sequins roses et mes talons de douze…”
31 août : “Y a du champagne dans la jungle malaisienne ?”
1er septembre : “De toute façon, c’est pathétique de boire seule…”
2 septembre : “Ca compte, les varans ?”
1er octobre : “Ou alors, je pars avec Monsieur Schmidt et mes meilleurs amis à la campagne, en petit comité de la super love…”
2 octobre : “Sauf que j’ai pas de maison de campagne. Ni de bottes en caoutchouc.”
10 octobre : “Et puis la campagne fin novembre, c’est un peu comme la raclette en mai…”
23 octobre : “OH PUTAIN, OH PUTAIN, C’EST DANS UN MOIS ET J’AI RIEN PRÉVU, JE VAIS TOUS MOURIR !”
24 octobre : “M’en fous, de toute façon. Je n’ai plus seize ans, c’est pathétique de fêter ses anniversaires après trente ans, pffff…”
25 octobre : “En plus ça va mettre des miettes partout, les gens vont encore écraser leurs clopes dans la litière du chat et vomir sur le paillasson du voisin : je ne veux pas revivre ça.”
1er novembre : “A moins bien sûr que Monsieur Schmidt ne me fasse une surprise…”
2 novembre : “… ou mes amis…”
3 novembre : “… Mais s’ils m’organisaient une surprise chacun de leur côté, comment je choisirais ?!?”
4 novembre : “Je vais me fâcher avec mes amis et me faire larguer par Monsieur Schmidt, le jour de mon anniversaire, tout ça à cause de leurs surprises à la con.”
5 novembre : “En plus je déteste les surprises…”
6 novembre : “Sauf les bonnes, bien sûr.”
7 novembre : “Et si je ne suis pas habillée, ni maquillée pour ma surprise ? Je ne peux quand même pas me ruer à la salle de bain, les mains en éventail sur les joues, en braillant : “ATTENDEZ, ATTENDEZ, FAUT QUE JE METTE MON VISAGE !”…”
8 novembre : “Pourvu qu’ils ne m’aient rien préparé…”
9 novembre : “Mon mec m’aime-t’il ?”
11 novembre : “Ai-je seulement des amis ?”
13 novembre : “Ou alors, j’organise ma surprise moi-même ?”
16 novembre : “PANIQUE, PANIQUE, FAUT QUE JE FASSE QUELQUE CHOSE !!!”
17 novembre : “Et puis non : c’est trop tard, les potes à Paris, si tu les bookes pas deux mois à l’avance, ils sont pris. Je vais être trois à ma soirée, dont la voisine chiante qui tape au plafond avec un balai quand on cligne des yeux trop fort.”
20 novembre : “Personne ne m’aime. Même le chat simule.”
21 novembre : “Qu’est-ce qui est le plus triste ? Ne rien faire ou faire quelque chose à la dernière minute qui risque d’être décevant ?”
23 novembre : IT’S MY BIRTHDAY BITCHEEEEEEEEEEES !!!! Y a quelqu’un ? Même si je m’en fous ? EHOH ?!?
 
 
Bien, je vais prendre une douche froide, et lancer mes invites. Ou pas. A moins que ?
 
Mille baisers,
Fiona
 
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