S’il ne s’appelle pas Nicolas Ghesquière au civil : oui.
 
Car préférer la surprise, c’est un coup à fêter Noël avec un coffret Body Shop, trois bons d’achat à la Fnac et des boucles d’oreille qui vous feront regretter d’avoir des lobes (“Pourquoi j’ai pas des ouïes, putain ?”, me suis-je récriée jadis, au siècle dernier, en découvrant le soir de Noël le contenu de l’écrin Agatha qu’un garçon adorable avait choisi avec amour mais sans discernement. On aurait dit les enjoliveurs d’une Clio tunée de Playmobil. La seule et unique fois que je les ai portées, je ressemblais à la version neurasthénique de la Vache qui rit. Bref.)
 
Le problème des Pères Noël, c’est qu’ils ont parfois des goûts de merde – bien entendu, je ne dis pas ça pour toi, mon amour, ni pour vous, mes belles-filles chéries qui m’avez offert cet adorable porte-bouteille de cyanure l’année dernière…
 
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Je dis ça pour l’entourage qui ne me lit pas : celui que je n’aime pas tant que ça.
 
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J’ai toujours fait des listes de cadeaux – je me soupçonne même d’avoir fait la liste des doudous et barboteuses que je voulais à ma naissance. En tout cas, j’ai reçu un nounours de chez Saks, à New York. Et ça, c’est certainement pas mon père, qui porte des chaussettes de sport à mi-mollets dans ses Birkenstock, qui en a eu l’idée…
 
Le problème avec les listes au Père Noël, c’est que dès qu’on n’y croit plus, les gens cessent de suivre nos recommandations écrites – dans mon cas : des diktats avec nom, photo du cadeau et adresse du magasin scotchés sur le frigo, la porte d’entrée, et au-dessus de la gamelle du chat. Comme si le fait que les peaux de saucisson nous soient tombées des yeux autorisaient les gens à acheter n’importe quoi : “Cool, maintenant qu’elle s’est enfin rendue compte qu’un vieillard obèse sapé comme Elton John ne pouvait logiquement pas lui apporter son camping car Barbie par les conduits du radiateur, on va enfin pouvoir lui offrir des dictionnaires et des pulls qui grattent !”
 
C’est con, la famille…
 
Et après, ça ne s’arrange pas ! J’ai eu beau bourrer les poches de mes fiancés successifs avec des photos de ce qui me ferait plaisir à Noël, légendées en néon clignotant, ça s’est toujours terminé en sous-vêtements de pute, avec le soutif trop grand et la culotte trop petite. “Ah. T’as gardé le ticket de caisse ?”, disait ma mère à mon père à chaque Noël, chaque anniversaire, et chaque fête des mères. A la fin, il lui tendait le cadeau d’une main, et le ticket de caisse de l’autre. Maintenant, il lui fait un chèque et la gueule.
 
J’admets que l’idée du chèque, quand on n’a plus 17 ans depuis quelques, heu, jours, n’est pas hyper festive. Mais un bouquin sur la cuisine à l’époque de Napoléon non plus (pourvu que mon beau-père ne lise pas ce blog…) Arrêtons donc de prétendre qu’on a toujours rêvé du dernier bouquin de Lorant Deutsch, faisons des listes, et obligeons nos êtres chers à les suivre au premier degré.
 
Je pose d’ailleurs ça là, au cas où mes êtres chers personnels aillent acheter leurs cadeaux ce week-end, à la dernière minute, comme 80% des français…
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Alors c’est vrai, il manque l’effet de surprise à l’ouverture des cadeaux. Le “Whaouh, mais c’est GENIAL !” sincère, pas celui qu’on articule après avoir déballé une nappe anti-tâches avec les sets de table assortis. Pour ne pas priver mes proches de cette bouffée de dopamine, je ne suis jamais les listes de mes êtres chers.
 
Mais moi, c’est différent. D’abord parce que j’achète mes cadeaux de Noël en août (excuse my côté allemand, organisé et prévoyant), et puis parce que moi, j’ai bon goût.
 
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Et vous mes poupoules, liste ou pas liste ?
 
Mille baisers,
F.