La marque de Laetitia Ivanez fête ses 25 ans avec une braderie historique dans son fief, rue Debeylleme à Paris. Bien entendu, j’irai y vidanger mon porte-monnaie – et je vous invite ci-joint à en faire autant.

 

 
“Bien entendu”, car Les Prairies de Paris est l’une des rares la seule marque française à laquelle je sois restée fidèle, non pas depuis 25 ans – je n’étais même pas née à l’époque, ou à peine -, mais depuis que je suis arrivée à Paris, il y a (gloups) quinze ans. A l’époque, Les Prairies de Paris représentait pour moi la quintessence de la Parisienne telle que je la fantasmais : désinvolte, un poil masculine, et pleine d’humour. C’était la fille qui se promenait sans sac à main, les mains enfoncées dans les poches de son fute trop grand et le menton défiant les nuages ; la fille qui traversait en dehors des clous ; la fille qui préférait boire un verre de rouge dans “son” rade, plutôt que de traverser tout Paris pour s’empiler avec les autres à la Perle ; la fille sexy, avec son rouge à lèvres qui file à force de sourire ; la fille qui porte des pompes de mec avec une jupe trop courte ; la fille qui préfère poser son cul entre les deux chaises qu’on lui tend.
 
Moi, quoi.
 
Ou du moins, le brouillon du Moi d’aujourd’hui, fignolé notamment grâce à la mode – car l’apparence compte, évidemment : nos fringues ne sont-elles pas la bande-annonce de qui on est à l’intérieur ?
 

FullSizeRender-7 FullSizeRender-4 FullSizeRender-5 FullSizeRender-2 - copie FullSizeRender-2 FullSizeRender-3 FullSizeRender(c) @lesprairiesdeparis

 
La moitié de mes “fringues-totem” viennent des Prairies de Paris, chacune est liée à un tatouage mental dont l’accumulation forme les souvenirs.
 
Ma première paire de chaussures “chères” étaient signées Les Prairies de Paris : des escarpins à talons pailletés, noirs, achetés avec solennité à la Samaritaine, il y a onze ans. Des souliers de grande fille, d’autant plus luxueux qu’ils étaient impraticables à la fac, dans le métro, sous la pluie, bref, dans la vraie vie. Je les avais achetés précisément pour maintenir la vraie vie à une distance respectueuse – et puis je venais de rencontrer un homme avec lequel les porter.
 
AdobePhotoshopExpress_2015_09_22_17-07-46
 
Ma robe fétiche vient des Prairies de Paris : elle est en lurex argent et or, avec des manches chauve-souris et un large décolleté qui ouvre systématiquement l’esprit de Monsieur Schmidt. Je la portais un soir où nous nous sommes fait des promesses qui ne regardent que nous.
 
Il y a aussi ce manteau en fourrure blanche, doublé en coton rayé très sage, et que je porte parfois à l’envers. Je rêvais d’un manteau comme celui de Zsa Zsa Gabor ou de Marilyn Monroe, un manteau de star trop chaud et trop blanc pour être porté au quotidien. Je ne peux enfiler qu’une toute petite nuisette en-dessous, même en plein hiver, sans quoi je crève de chaud – il n’est absolument pas pratique. Donc je le mets tout le temps.
 
IMG_7252
 
Et puis il y a ce sac, inspiré d’un étui à jumelles, qui m’a valu un nombre incalculable de compliments d’inconnus, et que j’ai acheté en double tellement je l’aime.
 
IMG_7248
 
Et puis cet autre sac, que j’ai surnommé Indiana Jones, car je l’ai emmené dans tous mes voyages aux confins du monde. A force de bourlinguer, la lanière est cassée, si bien que j’y ai fait un noeud, en attendant de le faire réparer. Mais je le préfère comme ça, en fait.
 
Et puis il y a toutes ces pompes, que je traîne depuis des années, dont certaines prennent l’eau mais que je n’arrive pas à balancer parce qu’elles sont magnifiquement gaulées, avec leur petit talon qui me fait léviter juste ce qu’il faut, ou leur chic canaille de pompes de mafieux des années 70.
Capture d’écran 2015-09-22 à 16.51.07
Et puis ce manteau que j’enfile quand rien ne va, ni mon moral ni mon look, et qui remonte toujours les deux.
 
IMG_7251
IMG_7249
 
Et puis…
 
J’arrête là, pour vous laisser me parler de votre fringue-totem à vous : celle qui vous raconte mieux qu’un passeport.
 
On se voit demain à la braderie.
Je vous embrasse,
F.