Je ne l’ai pas venu venir. En général, comme le champagne, je tiens bien les réseaux sociaux. Pourtant, moi aussi j’ai fait une Kim Kardashian le mois dernier, d’où mon éclipse bloguière. Du burn out à la rehab’  digitale en passant par quelques (re)shoots Instagram en pleine nuit, je vous dis tout.
 

Capture d’écran 2017-01-12 à 19.03.48(c) Yeah Yeah Chloe

 
Ce premier post de l’année (faites un voeu !) est né d’un burn out digital survenu mi-décembre. Pour être honnête, de l’eau gouttait sur mes fusibles depuis un moment déjà, ce qui t’explique, cher et pléthorique lectorat, pourquoi je me faisais de plus en plus rare sur ce blog. Ces précautions ne m’ont hélas pas empêchée de faire une Kim Kardashian, une Justin Bieber ou une Selena Gomez, à une échelle à peine moins planétaire. Disons, une baby Guy Birenbaum.
 
Alors voilà.
J’étais là, un beau jour de décembre (façon de dire : il faisait un temps à enrhumer un poisson rouge), avec mes 800 paquets cadeaux sous un bras, le coude replié à 90° et la main droite en crochet façon Playmobil, l’iPhone dedans et le parapluie coincé entre l’épaule et le menton, prête à swiper à la moindre notification urgente – un nouvel attentat, 8 looks easy pour les fêtes, mon horoscope du jour, la vidéo d’un hérisson pétomane, une promo exclusive sur une pierrade vapeur… Bref, je suivais mon pouce hanounesque qui s’agitait en tous sens sur mon écran, quand une voiture a failli me renverser.
Je ne m’étais pas rendue compte qu’il y avait des voitures autour de moi.
Je ne m’étais pas rendue compte que le feu était rouge.
A vrai dire, je ne m’étais même pas rendue que je traversais la rue.
J’étais devenue une Smartphone Zombie.
 
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Pire…
J’étais devenue une toxico du like, une addict au gif, une fanatique des mèmes. J’étais complètement accro à cette fast info au menu de plus en plus de médias, et pas des moins sérieux. Une info au titre racoleur, grasse et salée, calorique mais peu nourrissante, avalée distraitement, du coin de l’oeil. Tellement facile à absorber qu’on en redemande jusqu’à l’indigestion, surtout en cette période de gueule de bois permanente qu’est devenu notre quotidien.
 
Les Français passent en moyenne 18 heures par semaine sur internet. Mi-décembre, j’atomisais les statistiques.
 
J’étais incapable de me concentrer plus de cinq minutes sur mon travail, j’étais limite de prendre de la Ritaline pour finir un texto. Mon cerveau avait besoin d’être rafraîchi en permanence de nouvelles infos, de nouvelles images, de nouveaux mèmes. Je m’éclipsais des dîners pour poster un bon mot aux toilettes. Je phubais mes amis sans m’en rendre compte. J’interrompais une conversation au moindre frémissement de mon iPhone. J’étais mortifiée de faire un flop avec un gif de chat, galvanisée par le succès d’une photo légendée “TGIF” (“Thanks God It’s Friday”, pour les gens normaux), le partage de l’un de mes posts me mettait dans le même état qu’Antoine Griezmann devant un but portugais.
 
Capture d’écran 2017-01-12 à 19.03.08
 
J’ouvrais les yeux avec Instagram, les fermais après avoir consulté une cinquantaine de sites d’informations différents et rempli un panier virtuel qui rejoignait les autres dans le cimetière de mon temps perdu sur Internet. Mon premier réflexe le matin était de checker les infos de la nuit.  Je commençais à bosser à 17 heures, après avoir cherché frénétiquement le meilleur gif,  le trait d’esprit le plus bankable, l’info la plus incroyable, la plus inédite, que je pourrais régurgiter dans les médias pour lesquels je travaille, ou ici, ou sur Facebook, ou sur Insta, ou… J’avalais les infos cul sec, le plus vite possible, sans les mâcher ni les comprendre vraiment : pas le temps, plus tard, demain. Demain était périmé avant d’avoir lieu mais je continuais, les yeux en fentes de boîte aux lettres, les doigts arrimés au clavier, le cerveau comme une grenade que je pouvais dégoupiller en enlevant mon chouchou, je continuais à chercher…
 
… Quoi, au juste ?, me suis-je demandée, plantée comme un cure-dent dans la gencive de la rue de Rivoli.
 
 
Je suis rentrée chez moi avec l’impression d’avoir une ruche entre les deux oreilles. Et j’ai tout arrêté. Le scrolling compulsif, les checks de messages toutes les cinq minutes, les réponses à des mails pros à 23h45, les posts, les revues de presse deux fois par jour, l’actu, l’écriture, tout.
 
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J’ai désactivé mes notifications, vidé mes boîtes mails et supprimé 90% de mes applis.
J’ai relevé le menton de 45°, et c’est comme si j’ouvrais la fenêtre.
J’ai découenné mon cerveau gavé de tutos, d’infos McDo, de pulls à sequins et de gifs avec des livres, des films et des expos.
 
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Depuis une semaine, j’ai retrouvé le goût d’écrire, et de partager ici des sujets qui je l’espère, vous intéresseront autant que moi. J’essaie de ne plus sauter sur mon portable comme un curé sur un enfant de choeur, et de poster avec modération*. Je ne prétends pas que je suis totalement Giphy abstinente, mais mon cerveau ne ressemble plus à Wall Street cinq minutes avant un krach. Je me promène à la lisière des internets, prudemment, pour ne pas m’y perdre, et parfois, j’éteins même mon portable.
Non, je déconne.
 
Tout ça pour vous demander pardon pour cette brutale interruption des programmes (j’espère que vous avez survécu ?!?), et vous remercier de me lire. Pendant ma rehab, un demi-milliard de comptes passionnants ont éclos, avec lesquels je dois partager votre attention et votre temps, qui n’est pas extensible. Donc merci bien fort.
 
Oh, et le plus important… Je vous souhaite à toutes une merveilleuse année 2017 : qu’elle vous apporte beaucoup de bonheur, d’amour, de rencontres, d’envies et de projets. Soyez heureuses, engagées, bienveillantes et scandaleuses.
 
Love,
Fiona
 
*A mes amis Facebook et Instagram qui se tapent sur les cuisses : c’est quand même pas ma faute si personne n’a encore inventé la Nicorette pour arrêter de scroller ! (l’ “Instagramette” ? #idée)