La dernière journée de l’été épelle ses heures trop vite, pressée comme un amant maladroit.

 
Elle sent le thym et les serviettes oubliées au soleil, le soupir du vent dans les oliviers, les t-shirts froissés à moitié propres et les maillots de bain humides fourrés dans la poche avant de la valise.
 
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Mélancolique comme une trottinette rouillée, elle a le goût des miettes de chips au fond des paniers de plage, du sel de la mer ou des larmes qui diluent le dernier coucher de soleil, des glaces à la fraise et du mauvais rosé dont on s’est imbibé tout l’été.
 
Elle a l’amertume des disputes d’enfants et des promesses oubliées, la douceur du sable sous les pieds nus, la délicatesse du temps perdu.
 
Je m’étais promis de poster deux billets par jour, de nager, d’envoyer des cartes postales, je n’ai évidemment rien foutu sinon lire à m’en dévisser les prunelles, servir de cantine à moustiques, et cuire au soleil, dans la maison d’un vieil acteur italien qui a un peu changé ma vie.
 
On s’en parle plus tard les chéris. Pour l’instant, je planque derrière mes lunettes de soleil : avec un peu de chance, la rentrée passera à côté de moi sans me voir.
 
Je vous embrasse fort,
F.