Parce que c’est vrai, j’aime Gérard Depardieu. A tel point que pour lui, j’ai allumé ce cyclope endormi dans un coin du salon que je réveille de plus en plus rarement – la télé : c’est ça.

Hier, Gégé était l’objet d’un documentaire diffusé sur France 5, “Gérard Depardieu, grandeur nature”, et même s’il n’y dit rien que ses fans ne connaissent déjà, il déborde du cadre : impossible d’enfermer ce mec dans un écran, fut-il panoramique. Il est trop énorme pour ça.
Guillaume Nicloux s’y est pourtant risqué, et a même réussi à traîner Depardieu à Cannes cette année, alors que l’acteur a le festival en horreur. Aujourd’hui, ils ont défendu “Valley of Love”, en compétition officielle, qui réunit la bête et la belle Huppert, 35 ans après “Loulou” de Maurice Pialat. Chez Pialat, ils jouaient les amants maudits. Chez Nicloux, ils interprètent des divorcés réunis par le suicide de leur fils.
L’amour n’est jamais simple avec Depardieu.
C’est l’une des raisons pour lesquelles je l’aime, malgré lui. Malgré Poutine, malgré les bouteilles (celles qu’il écluse et celles qui lui servent de chiottes), malgré “Bimboland”, “Vatel”, “Obélix”, “Turf”… et tant d’autres. Malgré “Je suis Chablis”. Ou peut-être à cause de ça : de cette liberté viscérale et anachronique.
Gérard Depardieu, c’est notre Marlon Brando. Un acteur qui se balade entre le pire du pire et le meilleur du mieux (“Le dernier métro”, “Police”, “La lune dans le caniveau”, “Sous le soleil de Satan”, “Trop belle pour toi”… et tant d’autres). Les mains dans les poches et l’air de s’en foutre.
Gérard Depardieu est le dernier des Mohicans, une espèce rare sur laquelle on a déjà tout dit – sauf peut-être la vérité.
 
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lecoledesfemmes1494_copy_1T-shirt en coton, L’École des Femmes, 79$

 
Et vous, quel est votre film culte starring Gérard Depardieu ?
Moi : “Camille Claudel”, de Bruno Nuytten, avec Isabelle Adjani. J’ai dû le voir une vingtaine de fois, et je pleure à chaque fois.
Xo
F.