Dans son dernier livre “L’actrice française est une femme comme les autres (enfin, presque)”, dont je gloussais les louanges la semaine dernière, Florence Trédez épingle les manies et citations WTF des actrices françaises qu’elle interviewe depuis quinze ans pour Elle et Cosmopolitan.

Je connais Florence Trédez depuis que j’ai treize ans : elle était alors journaliste à 20ans, et moi collégienne en province – une forme radicale de province, faite de contour des lèvres marron et de coloration Movida fixée au Vivelle Dop, aérée une fois par mois grâce à ce magazine devenu culte, ma Bible personnelle, ma Recherche du temps perdu à rouler des pelles aux gars du coin sur le parking du Cora. Mon adolescence aurait pu être écrite par le cousin plouc de Larry Clark, n’empêche que je voulais être journaliste, mieux : je voulais travailler à 20ans, encore mieux : je voulais être Florence Trédez.

J’ai rencontré Florence dix ans plus tard, à la rédaction de Cosmopolitan où je commettais mes premiers articles. 20ans n’existait plus, Florence écrivait désormais dans Elle et Cosmo ; nous étions donc collègues, nous respirions le même oxygène, nous foulions la même moquette couleur de plateau d’hôpital. Dix ans avant les Beliebers, les Directioners et les Swifties, j’ai été une Trédezette.

12622270_10154812968432619_7538256033472408013_o

Florence écrit toujours dans Elle et Cosmo, des interviews et portraits de stars de la chanson auxquelles elle consacre parfois des livres. Cette fois, elle attaque les actrices françaises par la face Nord, la plus complexe, la plus fun aussi : “L’actrice française est une femme comme les autres (enfin presque)” (éd. Donc Quichotte) est écrit avec un dérèglement d’orfèvre, à base d’humour qui tâche, de second degré, d’acidité pince-sans-rire et de tendresse. Pas étonnant que les plaisirs favoris de cette fille soient coupables…

Mon livre de chevet honteux

Iceberg Slim “Pimp”. La fantastique autobiographie, très crue et ultra-vivante, d’un maquereau de légende (1918-1992), qui était à la tête d’un harem d’une vingtaine de filles. Chaud lapin au sang froid, Iceberg a inspiré tout le hip hop américain. En plus, il s’habillait bien.
icebergslim_toppage

Mon disque de chevet de la lose

En 2011, Desireless, la grande prêtresse new age de “Voyage, voyage” a clairement loupé son come back avec son album “L’expérience humaine”, une expérience, malheureusement pour elle, partagée par très peu de gens. Pourtant, il m’arrive d’écouter “Sakapouette” (si), histoire de vérifier qu’il existe vraiment, un titre hallucinatoire où elle hurle, à intervalles comptés, “Sakapouette” (?!), sur un beat électro de supermarché pendant quatre longues minutes. Ca détend.
1Q0LpKt4c5DhmbHCOPftxkAS7U0

Ne le répétez pas, mais je suis fan de…

Valérie Trierweiller. De plus en plus belle, de plus en plus blonde. Son brushing, ses tweets compulsifs, sa nouvelle vie d’auteur with a revenge. Une héroïne de “Dynasty” égarée chez “House of Cards”.
valerie-trierweiler-21eme-gala-musique-contre-l-oubli-au-profit-d-amnesty-international-au-theatre-des-champs-elysees-a-paris-le_exact1024x768_p

Mon programme télé “chips et M&M’s ” fétiche

“Qui veut épouser mon fils?” De la psychanalyse hard discount. Chaque larme de crocodile versée par ces mères abusives, chaque tentative avortée de leurs fils pour se détacher de leur emprise est bouleversante.
petites-annonces-meres-pere-fils-5a7684-0@1x

Mon péché capital préféré

La luxure. What else?
FullSizeRender-3

La junk food qui me réconforte à coup sûr

Le curly wurly. La cathédrale de Chartres de la barre chocolatée, visuellement aussi raffinée qu’un moucharabieh égyptien du XVIIième siècle. Des siècles d’artisanat culinaire pour en arriver là. En vente libre dans les pays anglo-saxons.
curly_wurly

J’admets, j’ai très mauvais goût en matière…

d’hommes. Russel Brand étant un peu mon idéal masculin. Je sais : sur le papier, un “ancien” sex addict + un “ancien” junky + un ex de Katy Perry, ça pue.

Russell_Brand_1588806a

Mon plaisir secret

Hanter les boutiques Paris Pas Cher pour acheter des mugs décorés de chatons à 1,50 euros, des bibelots indiens à paillettes ou des décorations pour Halloween 2016 (il faut s’y préparer très tôt).

mug-blanc-avec-motif-tour-eiffel-et-lieux-de-paris(pas cher)
Si Aladdin me prêtait sa lampe magique, voici les trois voeux que je formulerais pour 2016 :

1/ Que Madonna arrête le Botox, les albums indigents, les jérémiades, et se trouve un vrai job : ouvreuse au Crazy, démonstratrice chez Camaïeu?
2/ Que Bowie ressuscite. Sans lui, le monde est bête, médiocre, pas classe.
3/ Qu’on range un peu la place de la République. Un nounours avec une couche, c’est sympa, des colliers, sympa aussi, des pétitions pour tout et n’importe quoi, bof, un concert de Johnny, beurk… Le bel élan de solidarité s’est transformé en foire à la ferraille. Eclusons notre chagrin dignement.

Ses 3 adresses plaisirs plus ou moins coupables :

L’hôtel Grand Amour, 18 rue de la Fidélité, 75010 Paris. Pour vivre un grand amour cool dans des chambres à la déco vintage et/ou sur la moquette du couloir, avec motifs, au choix, phallus ou vulves.
Soon Grill, 78 rue des Tournelles, 75003 Paris. Un barbecue coréen chic et bon où l’on peut se bâfrer d’entrecôte et de divers accompagnements sans prendre un gramme et surtout sans sentir le graillon.
Gigagym, 12 rue de Bellevue, 75019 Paris. Rien que des machines ultra spécialisées et des hommes à perte de vue. Un club de gym à la Jacques Audiard pour pros de la gonflette (et pour amateurs aussi), où l’on peut améliorer ses triceps en écoutant du bon rap.

Vous aussi, vous voulez devenir une Trédezette ? Elle vous offre trois exemplaires de son livre plus chic que Gala, plus choc que Paris Match, et plus bitch que Voici. Pour avoir la chance de lire “L’actrice française est une femme comme les autres (ou presque)” gratuitement, dites-nous qui est votre actrice française préférée, et pourquoi. Dimanche soir, Florence tirera trois gagnant(e)s au sort de sa main peu innocente mais joliment manucurée.

Je commence (m’en fous, je l’ai lu) : Isabelle Adjani, mais vous le savez déjà. En revanche, je passerais mon permis de conduire rien que pour écraser le pied de Marion Cotillard : j’ai envie de lui serrer le kiki dès qu’elle ouvre la bouche.
A vous.

Love & hugs,
F.