Etre ronchon, asocial et mal élevé est de plus en plus tendance, et pas que sur le plateau de Cyril Hanouna. Ca tombe bien, par les temps qui me courent sur le haricot…

 
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J’ai toujours été une râleuse d’exception, même avant que ce pays ce monde ne parte en couille de Farinelli. Je n’ai pas eu besoin de naître parisienne pour cela, je n’ai même pas eu à être tout à fait française pour avoir la gueule de Mélenchon, mais à l’intérieur de la tête.
 
Non, je suis née comme ça, en Allemagne, le pays où l’on ne râle jamais, surtout pas en public : je suis joyeuse, affable, optimiste jusqu’à la candeur… et tête de lard. Je n’en tire aucune gloire, attention ! J’ai même essayé de me corriger – j’ai bu des kilomètres de verres à moitié plein, hips ! -, mais rien à faire, arrive toujours un moment où tout fait chier, et notamment :
 
La météo (j’adore gueuler contre la météo, surtout quand elle caille ou qu’elle couine. C’est complètement inutile, assez ridicule, et très déprimant, donc particulièrement jouissif. C’est le principe d’une bonne râlotte : râler contre un ordinateur qui fonctionne, c’est décourageant. Râler contre un mec qui finit par rapporter ses tasses de café vides à la cuisine au bout de trois ans de vie commune, c’est frustrant. Heureusement, de ce côté, Monsieur Schmidt veille à ne jamais gâcher mon plaisir…)
Ma mère. Les mères sont faites pour qu’on s’en plaigne : faut bien que les psys et les maisons d’édition françaises vivent…
Mon mec. Idem, en light.
Le chat qui confond sa litière et le canapé
Mes cheveux, qui ne poussent pas dans le sens que je voudrais.
Les gens qui disent : “Je reviens vers vous”
Les gens qui disent : “Je reviens vers vous”, ET NE REVIENNENT PAS
Les gens qui disent “au jour d’aujourd’hui”
Les gens qui disent “j’arrive” et qui sont encore dans leur lit (un peu comme moi, mais moi c’est différent)
Les gens qui disent : “Belle journée”. Depuis quand c’est has been de passer simplement une “bonne” journée, bordel ?!?
Les attachées de presse qui écrivent “résolument” partout : “une robe RESOLUMENT tendance”, “un canapé RESOLUMENT contemporain”, “des couches RESOLUMENT étanches”… (je m’étonne qu’il n’y ait pas de pétitions contre ça sur Change…)
Les restos hype qui ne prennent pas de réservation (“Coucou, je viens dîner à 16h30 pour avoir une table de la taille d’un timbre poste, coincée entre les chiottes et le passe-plat !”)
Les gens qui prononcent “infermière”, comme si la meuf trayaient des poches de sérum physio
Les chauffeurs Uber : c’est moi ou ils ne savent JAMAIS se servir d’un GPS ?!?
Les mecs qui ne se lèvent pas pour me laisser leur place dans le métro alors que je suis manifestement fatiguée et sur talons de 10
Les mecs qui se lèvent pour me laisser leur place dans le métro alors que je suis à peine pubère, merde !
Les vendeuses qui m’appellent Madame, alors qu’en fouillant bien, j’ai encore des dents de lait
Les vendeuses qui me proposent ma vraie taille, comme si j’avais pas l’air de faire un 36
Cyril Hanouna
La gauche
La droite
etc.
 
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Je parle évidemment ici de sujets de râlotte, pas de vrais profonds sujets d’inquiétude comme, bon, les trois derniers sujets que je viens de citer, ou Donald Trump, Vincent Bolloré, Marine le Pen, ou les gens qui vont défiler dimanche dernier parce que l’amour et la famille dépendent selon eux de la forme de nos zizis… Je rappelle que ces gens n’ont pas manifesté contre un projet de loi à l’étude (il n’y en a pas), ou contre une réforme des programmes scolaires (a priori, il n’est pas question d’apprendre aux petits garçons à devenir des petites filles dans les écoles dès la prochaine rentrée scolaire (#ZiziSwap)) Ces gens ont donc manifesté contre, heu… la différence ?
 
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Bref.
 
Hier était l’une de ces journées-là. Une de ces journées où rien ne va, où tout fait chier, une de ces journées où l’on a envie de se claquemurer dans sa bulle avec la tête de Grumpy Cat, et de dire “Fuck off” à la terre entière.
 
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OR JUSTEMENT… Est-ce un effet de la morosité et du cynisme ambiants ? Une façon très contemporaine de se rebeller sans trop se décoiffer, et de manifester sur Instagram plutôt que dans la rue ? Un énième coup de Gemna Gvasalia, le doigt du Dieu de la fashion, qui imprime décidément son esthétique white trash à l’ensemble de la mode ?
Ou plus vraisemblablement, mon caractère abrasif qui inspire les créateurs ?
 
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Toujours est-il que l’imprimé “fuck” et ses variations (“fuck it”, “fuck you”, “fuck off”, doigt d’honneur et j’en passe…) est très en vogue cette saison, puisque même Chiara Ferragni, a priori aussi rebelle qu’un verre d’eau tiède, arborait un t-shirt asocial (à plus de 1000€) à la dernière fashion week.
 

nyfw-street-style-day7-21-nocrop-w840-h1330-2xLa Salade Blonde en Vetements
13-nyfw-day6-best-dressed-nocrop-w710-h2147483647-2xGiovanna Battaglia, du Vogue Italie, à New York en septembre 2017
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london-fashion-week-street-style-beauty-spring-2017-24NYFW SS17
mfw-street-style-05-nocrop-w840-h1330-2xLondon Fashion Week SS17

 
Moralité : plutôt que de froncer les sourcils (ça creuse la ride du lion) et de risquer de vous fâcher avec la terre entière, faites comme moi, arborez le fond de votre pensée avec un grand sourire !
C’est très soulageant, et hyper instagénique, ce qui est quand même l’essentiel, vous l’admettrez.
 
 

Sweat-shirts en coton, French Disorder, 79€

 



(c) Skinny Dip, Urban Outfitters, Fancy, Vetements, Jacquie Aiche, Etsy, Nylon Shop, Nasty Gal, Herman @Revolve Clothing

 
Ca va mieux, pas vrai ??
 
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Qui c’est qui vous donne envie de porter un sweat fuck, à vous ? Des noms, des noms !
Mille baisers,
Fiona
 
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