Porteriez-vous votre propre prénom autour du cou, sur un t-shirt ou un sac à main, comme vous y incitent la mode et Cara Delevingne, championne du genre ?

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cara delevingneAlzheimer précoce, ou ego pavé 48 Cara ?

 
Moi, oui.
En partie parce que vous le savez, mon ego a besoin de son propre code postal, et surtout parce qu’à l’instar de 63% des français, je kiffe mon prénom. J’aime sa consistance en bouche, la timidité du début – “Fff” -, dissipée par la rondeur des deux voyelles qui s’embrassent – “IO” -, puis le – “N” – qui roule le long du palais et dévale la langue, accroché au “A”.
J’aime aussi que mon homonyme le plus célèbre soit une princesse bombasse mais mal élevée, qui tombe amoureuse d’un roturier bougon et gras du bide avec un guidon de vélo qui lui jaillit des oreilles (#mavie). J’aime le fait que mon prénom soit original sans être tout à fait excentrique : son côté mollement tendance me rassure bêtement sur moi-même. J’aime enfin qu’il corresponde parfaitement à ma personnalité.
(Seul bémol : à cause de lui, on m’a appelé “tête de fion” tout le CM2. Heureusement, ça n’a pas duré : dès la 6ème, on m’a appelée “tête de bite”, rapport à mon nom de famille – qui rime aussi avec “frite” ou “otite”, mais c’est moins gai.)
Kevin, le héros de “La Revanche de Kevin”, le succulent nouveau roman de Ieogor Gran (Iegor ? Sérieusement ?!?), n’aime pas son prénom, et essaie d’échapper à sa malédiction “tatouage tribal autour du biceps et piercing au sourcil épilé”. Peut-on s’appeler Kevin et, à défaut d’être un intellectuel (coucou, Kevin Deleuze !), au moins orthographier ses textos de façon kasher ?
Bonne question.
Si mes parents m’avaient appelée Cindy, j’aurais sans doute eu les ongles en plastique carrés, et un teint de steak oublié sur un barbecue, même en février (là, 110% de mon lectorat jessicain me tend un majeur pailleté et zappe sur le blog de Betty. Bien fait.)
Au contraire, si mes parents m’avaient appelée Constance, j’aurais porté des lunettes et ma virginité comme un paquet encombrant, jusqu’à ce qu’un camarade de prépa maths ait la courtoisie de m’en débarrasser après avoir bu une Tourtel de trop pendant nos révisions (Alors les Constance, on n’a plus d’humo… ah non, c’est vrai).
J’exagère ? N’empêche, selon l’étude du sociologue Baptiste Coulmont, 20% de Camille et d’Adèle ont eu une mention Très Bien au bac, contre 2,5% de Sabrina, et 0,2% de Tiffany. Ceci dit, eh : aucune Fiona n’a été foutue de décrocher la fameuse mention, remboursez la promesse intello de mon prénom.
En revanche, il semblerait que mon prénom booste mon sex-appeal. En effet, les résultats d’une étude menée le mois dernier par Happn, le concurrent français de Tindr, démontre que le prénom augmente le potentiel séduction d’un individu, au même titre que sa profession. Avec leur prénom bien gaulé en “A”, les Sarah, Laura, Charlotte, Emma ou Anna arrivent en tête des péchoteuses… et double-scorent si elles sont avocates, architectes, ou journalistes.
Moralité : cet été, plutôt que de s’emmerder sur un vélo elliptique à brouter de la salade à rien, je vais ressortir mon collier-prénom.
Effet anti-cellulite garanti.